Interview de Stévèn, fondateur de l’appli SurfMe

Comme un Islandais l’hiver, cet article aurait pu ne jamais voir le jour. Un coup du destin sans doute. Depuis quelques jours je construis (doucement) la communauté twitter du blog. Et puis je vois qu’un certain Stéven Gobaille follow le compte. Il porte un surf sur sa profil pic et une tente d’une marque à fond la forme avec des hermines bretonnes sur sa cover. Je lis ensuite qu’il est le fondateur et CEO du réseau social SurfME.

Bossant dans le marketing, je me dois d’en savoir plus sur ce Stéven et cette nouvelle appli. Ni une ni deux je vais voir leur site. BOOOM. Grosse claque. Leur site est une tuerie. Le design est simple et épuré. Les graphismes au top. Le blog très inspirant. Et la start–up à l’air super cool  : tu en connais beaucoup des boites qui partagent en temps réel sur leur site le nombre de sessions faites par ses employés ou encore le nombre de bières bues ? Moi non.

Du coup je décide de le contacter pour en savoir plus, et Stévèn, le breton exilé dans le sud, répond avec plaisir à mes questions. Par chance il est sur Rennes pour le boulot, on décide donc de se rencontrer, avec John John le CM de SurfME, dans un bar de Rennes. L’occasion d’échanger autour d’une bière sur la super aventure SurfME.

Interview

appli SurfMe

« Salut Stèvèn, tout d’abord peux-tu te présenter ?

Salut Corentin, Je m’appelle Stévèn Gobaille, et non pas Steven à l’américaine, c’est breton équivalent à Etienne, je crois que ma mère se battra toute sa vie pour préserver ces accents.

J’ai 31 ans, je suis originaire du 35 Rennes, je n’ai donc pas grandi directement au bord de la mer mais j’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont toujours kiffé ça. En plus d’avoir une maison familiale dans le Morbihan où je faisais pas mal d’activités nautiques, ils nous ont emmenés beaucoup en voyage à coup de van avec mes 4 frères et sœurs. Je me suis mis au surf grâce à mes potes qui avaient une maison sur la côte nord (st malo, st briac).

Côté études, j’ai fait la fac privée de droit à Kerlann (à côté de Rennes, ndlr) puis je suis parti à Bordeaux pendant 2 ans, toujours en droit, je voulais bouger et me rapprocher du Sud Ouest.  Puis j’ai pas mal voyagé au milieu de mes études (Australie deux fois, Montréal, NYC): j’ai un peu tout plaqué comme ça tout en faisant des stages pour mieux intégrer un M2 en affaires internationales à Rennes.

J’étais pas vraiment fait pour le droit, j’y suis allé parce que ça me rassurait. J’ai lutté pendant mes études (pas mal de redoublements) car quand on a 19 ans on rêve plus de surf, de skate et d’une vie à la cool que de se taper des cours de droit constitutionnel ou de droit administratif.

Peux-tu nous présenter l’appli Surf Me ? Et pourquoi ce nom ?

Aujourd’hui, SurfME c’est un réseau social typé Instagram mais exclusivement dédié aux surfeurs. Tu te crées un profil surf qui te donne accès à une timeline sur laquelle tu peux publier photos, vidéos et statuts. Tu peux suivre des gens et des spots, Liker et surtout Loser. Pour moi, c’est important de pouvoir donner un avis dans les deux sens, on n’est pas toujours d’accord avec ce qu’il se passe dans le monde du surf et il faut pouvoir s’exprimer.

SurfME, c’est un pote, Tom Tom, qui a trouvé le nom: on trouvait que ça sonnait bien pour un réseau social: tu as à la fois le côté communautaire avec le mot « surf », et le côté individuel genre « c’est mon petit outil média surf » avec le « ME ».

Comment t’es venue l’idée de cette appli ?

En novembre 2010, un soir après une session de surf. J’étais paumé, sans job, et je venais de louper mon exam d’avocat pour la 2ème fois. Je me retrouve invité à manger chez un pote et un des invités me demande si j’ai une copine. Je lui réponds que non et il me balance : »pourquoi tu créerais pas un site de rencontres pour surfeurs et surfeuses? Tu te trouverais une nana comme ça !! » Et bim Eureka! Dans ma tête, je vois à l’époque plus un gros Facebook du surf qu’un Meetic. Depuis, j’ai jamais lâché.

A qui s’adresse l’appli ?

L’appli s’adresse à tous ceux qui ont de près ou de loin un lien avec le surf : shapeurs, photographes, vidéastes, artistes, surfeurs, « modeux » adeptes de lifestyle, etc.. En réalité, avec une appli comme ça, tu peux faire plein de choses comme par exemple mettre de belles photos et vidéos de surf, passer une petite annonce, vendre une planche d’occasion, s’organiser des co-voiturages, des surf trips, du co-surfing ou encore faire des photos de mode. Bref, tous les gens que le monde du surf attire et qui veulent intégrer une communauté pleine de fraîcheur et de dynamisme dont les acteurs sont les membres.

Un kite surfeur ou un snowboardeur peuvent-ils eux aussi profiter de l’appli ?

Oui mais ça sera à travers du surf. Je n’ai pas intégré ces sports volontairement car pour moi, la communauté des surfeurs est à part comme peut l’être celle des kitesurfeurs ou des snowboardeurs.

En quoi est-elle différente d’un réseau social classique comme FB, Twitter ou Instagram ?

Sur la forme, on peut dire que c’est assez proche. Mais sur le fond, c’est totalement différent. SurfME est un réseau social à part car il rassemble de véritables passionnés. Et là, on crée un environnement dédié à leur univers. Sur les réseaux sociaux aujourd’hui, on ne rencontre pas de surfeurs qui peuvent s’exprimer comme ça: c’est beaucoup trop généraliste et parler de surf à des gens pour qui ça n’est pas une passion, c’est à coup sûr le moyen de passer pour des « geeks ». Sur SurfME, tu sais que tu as beaucoup plus de chances d’échanger avec des passionnés, de rencontrer d’autres surfeurs et de partager des valeurs communes.

SurfMe anime une communauté de passionnés sur facebook, instagram etc, cela ne concurrence-t-il pas votre appli qui est elle aussi un réseau social ?

On en a beaucoup discuté en interne pour finalement constater que les réseaux sociaux type Facebook, Twitter ou Instagram ont changé de rôle aujourd’hui et sont de très bons outils pour te faire connaître et orienter les surfeurs et surfeuses vers notre appli et notre site. En effet, comme toute startup, le plus dur pour nous n’est pas tellement de créer l’objet technologique le plus performant du monde (parce que ça on y arrivera!) mais plutôt de créer et rassembler dans un même média une communauté qui est aujourd’hui éparpillée sur les réseaux. Du coup on s’adapte aux techniques de communication existantes. C’est pour ça que nous sommes très présents. Tout l’enjeu est donc d’aller la chercher par le bout du leash et de se retrouver en famille sur SurfME.

Quels sont les objectifs de dev sur l’année 2015 et dans le futur ?

Sortir une V2 avant l’été et un site internet pour ceux qui n’ont pas de smartphone. Ensuite c’est de préparer notre « road show » pour septembre où on va cruiser le long de la côte ouest et méditerranée pour voir les surfshops, écoles de surf, shapeurs et bars de surf etc.. pour se présenter et leur annoncer que bientôt ils pourront créer leur page pro gratuitement et être visible et géolocalisé sur l’appli par les utilisateurs.

Peux-tu nous présenter ton équipe?

Team assez variée et originale.

JB: pote d’enfance, breton, designer, surfer mais surtout artiste.

John John: pote normand de la fac de droit. Surfeur confirmé, juriste en activité passionné de la glisse et du projet, c’est le CM de SurfME

Mango: copine du sud ouest, ancienne de chez Quiksilver dans la com, elle gère notre compte Instagram

Andrew: canadien, sportif, amoureux de la nature, consultant dans les startups web entre la France et les USA, ancien de chez Quiksilver. Il a tout de suite accroché le projet ! Il nous aide à nous structurer et nous update sur tout ce qui se passe dans le web, les nouvelles techno, les levées de fonds etc…

Céline: ancienne de chez Surf session. Elle est en freelance aujourd’hui et nous aide ponctuellement à gérer la stratégie de com.

Seb: CTO (responsable technique) dans le web depuis 10 ans. Il habite à Annecy. Il a kiffé le projet et nous a rejoint. Il vient tout juste d’arriver et va enfin pouvoir prendre la main sur le développement de l’appli !

Robin: de Montpellier, il est en dernière année d’ecole de co (ESC dijon), ancien de chez Quiksilver. Il nous aide pour la com, la création d’events et le développement de notre réseau. Il vient tout juste de nous rejoindre !

En temps que CEO, quelle culture d’entreprise et quelles valeurs tu souhaites véhiculer ?

Issu d’une famille nombreuse, j’ai toujours appris à partager, à prendre en considération l’avis des autres car de toute façon j’avais pas le choix surtout quand tu as 4 femmes pour 3 hommes à la maison. Pour SurfME c’est pareil: ambiance familiale, respect de l’autre et confiance. Toutes les personnes qui ont été recrutées chez SurfME sont des passionnés de la glisse et du projet. Ce sont des personnes qui ont envie de participer activement au développement. J’ai envie qu’ils n’aient pas l’impression de travailler, que ça soit un plaisir car perso, c’est toujours ce que j’ai recherché ! Je suis très attaché aux RH car je veux des bases saines pour notre Startup.

Pour les valeurs : fun, green, sportif et participatif. Le côté green est très important. Je pense que SurfME peut être un très bon vecteur pour faire prendre conscience aux gens l’importance du respect de la nature.

Sur votre site vous comptez le nombre de sessions des employés. Cela me fait penser au mode de gestion d’Yvon Chouinard le CEO de Patagonia qui vient bosser pieds nus et surfe avec ses équipes. Vous arrive-t-il de tout plaquer et de profiter en équipe de bonnes conditions ?

Oui complet ! Mot d’ordre pour la team SurfME : « When there’s surf we surf, when it’s flat we work !

Raconte nous le dernier gros délire de l’équipe SurfMe ?

Très bon délire c’est quand on part avec la team au « Bar du marché » à Biarritz et que tout en prenant l’apéro (bières/tapas), on parle du projet, de son évolution. Au fur et à mesure que la soirée avance et que les verres s’enchainent, on part de plus en plus loin. Andrew, l’américain de la bande, est très bon pour ça et nous raconte les succes stories des uns et des autres. Et quand le Bar ferme, il est 1H du mat, on rentre chez nous, à pied, en passant pas loin de la mer avec la tête plein de rêves !

Et enfin, tu as eu la chance de vivre dans ce que beaucoup appelle « la plus belle région du monde, la Bretagne », cela ne te manque pas ? 😉

Quel choix difficile. A ce sujet, j’en profite pour t’informer que je vais écrire un article là-dessus : « SurfMe de la Bretagne au Pays basque »! Mais sinon, bien sûr que ça me manque. Ce côté sauvage, des vagues sans trop de monde dans de l’eau émeraude et pas polluée. Même le froid me manque, enfin presque ! Mais je suis très content de découvrir une nouvelle contrée ici à Biarritz, de rencontrer de nouvelles personnes et de surfer de nouvelles vagues. La Bretagne, je l’apprécie encore plus quand je reviens ! Et puis les Bretons sont partout, tu sais ce qu’on dit « partout sur la terre y’a du Coca et des Bretons ! »

Merci Stévèn d’avoir répondu à mes questions. En plus de proposer une appli bien cool, les mecs sont sympas ! Du coup que vous soyez surfeur, amoureux de plage et de l’océan, une marque, un shop, photographe ou tout simplement curieux, je vous invite à télécharger l’appli sur iPhone ou Android pour tester le premier réseau social au monde dédié à notre communauté !