Interview de Ronan Gladu, de Brest aux îles Salomon

Voila un autre surfeur comme je les kiffe, après Damien Castera, c’est au tour de Ronan Gladu de se livrer pour The Magic Wax. En fait Ronan c’est plus un chasseur d’images de surfeurs et plus généralement du milieu marin.

Ronan tu le connais sans doutes pour ses folles aventures « Des ïles Usions » et « Lost in the Swell » avec ses deux potes brestois Nono et Ewen. Les trois larrons sont du genre aventuriers à la conquête de vagues vierges. Comme ici par exemple aux ïles Salomons :

Photo Ronan Gladu
Photo Ronan Gladu ©

Ces trois surfeurs made in BZH sont du style à partir sur une île déserte, pour vivre à la Robinson Crusoé : pêcher pour se nourrir, construire une maison de luxe avec 3 bambous et 2 bouts de ficelle pour se loger (Mac Gyver à coté c’est un bisounours), et enfin surfer des spots vierges. C’était le périple « Des Ïles Usions » et je t’invite à le regarder sur ce site si ce n’est déjà fait. Ensuite, difficulté de cette épreuve oblige, ils ont choisi de partir à bord d’un bateau éco-conçu, pour naviguer de spots en spots à la recherche de nouvelles vagues. Après avoir testé leur bateau en faisant le tour de Bretagne, Ronan, Nono et Ewen sont partis aux îles Salomon. C’est l’aventure « Lost in the Swell« , et la encore c’est magnifique, fonce voir leur périple sur leur site internet. Les trois caramels au beurre salé sont du genre hyper authentiques et fun, et ça donne une web série vidéo tip top caviar.

Du coup, cette interview est l’occasion de mieux connaitre le photographe et caméraman qui nous ramène ces superbes images : Ronan Gladu.

Ronan Gladu
Photo Ronan Gladu ©

Interview Ronan Gladu

Salut Ronan, tout d’abord peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Ronan, 31 ans, j’ai grandi à Brest et j’y vis toujours. J’ai fait des études en informatique (BTS) et une licence d’Anglais.
Mais je suis surtout un « fils de… » Mon père, Yves Gladu est un photographe/cameraman spécialisé dans la prise de vue sous-marine (en eaux froides) et reconnu mondialement dans sa discipline. Beaucoup de docu TV mais aussi un peu de fiction, de Thalassa à Disney en passant par la BBC !

Peux-tu nous décrire ton métier ?

Oula pas facile ! Aujourd’hui je fait 20% de photo et le reste en production vidéo (documentaires/reportages entreprises).
Dans tout ça, il doit y avoir 10% en rapport avec ma première passion: les vagues/le surf ! Mais le reste est focus autour de la mer, c’est cool !

Dans le travail au jour le jour, par ordre de priorité et de temps c’est: des mails et encore des mails, du téléphone, du montage vidéo,  de l’administratif (de m*rde), de la retouche photo, de l’entretien matos/préparation tournage, tournages vidéos, du transport… et enfin du shooting photo.

Pourquoi avoir choisi le taffe de photographe pro ?

Pour faire comme papa ! Haha, non au contraire, mes parents ont tout fait pour que je fasse un « vrai métier », plutôt que de me lancer dans l’image… Mais grâce à l’adolescence, j’ai fait l’inverse ! J’ai essayé d’autres métiers… Je préfère être pauvre, sans sécurité et continuer ma passion… ça m’arrive d’avoir des regrets / doutes, et c’est pas fini !

Comment as-tu appris le métier ?

En pratiquant… Avec l’aide de mon père pour le coté technique au début. Sinon, beaucoup grâce au web (en anglais), et « l’essai-erreur »: j’ai fait beaucoup de merde pour arriver à un résultat correcte. Aujourd’hui, pour la réalisation vidéo, même si le manque de formation m’a pesé pendant longtemps, je suis content de pas avoir été « formaté » comme beaucoup de réalisateurs.

As-tu une autre activité à coté ?

Non.

Pour ceux qui te suivent depuis un moment, on peut voir ta belle progression dans la qualité des images et des vidéos ? Toi même te rends tu comptes de cette progression ?

Non j’ai pas trop de recul là dessus. De toute façon quand je regarde mes images, je vois que les erreurs, les trucs qui vont pas. Mais merci pour les compliments !

Pour ceux qui ne connaissent pas, peux-tu nous expliquer le concept « Lost in the Swell » ?

Le plus simple, c’est d’aller voir, c’est gratuit ! Mais l’idée, c’est d’utiliser le surf, la recherche de « vagues vierges », comme excuse pour voyager, rencontrer des gens, bref, faire des trips de dingue !

Sur les images on voit beaucoup Nono et Ewen surfer, pas trop frustrant pour toi de devoir prendre les images et rater ces sessions ?

Non pas du tout, je préfère bien plus faire des images, surtout aux Salomons, où j’étais souvent dans l’eau.
De toute façon je suis une chèvre en surf, je ne sais prendre que des vagues avec une grande et grosse planche (longboard)… Je comptais sur le SUP, mais c’est insurfable ces trucs la ! J’ai essayé une fois avec leurs planches de prendre des vagues aux Salomons, je pense qu’on ne se rend pas compte de la dangerosité des vagues, du reef. J’ai fait un « saumon » et une « étoile de mer », mes figures préférées, direct sur le récif, et je suis retourné bien sagement derrière mon appareil.

Pourquoi avoir choisi les îles Salomon ?

Parce que ça avait l’air dingue : aucune info, de la houle, des iles, des peuples à l’ancienne, aucun moyen de les atteindre à part le bateau ! Y a encore beaucoup d’autres endroits comme ça sur terre ? Je ne crois pas.

Qu’est ce que tu as le plus aimé des îles Salomon ?

Passer 3 mois, déconnecté du monde, à vivre au jour le jour, au milieu d’une nature luxuriante !

Le moins aimé ?

Perdre 3 semaines d’images de rêve, à cause de ces p*tain de cartes mémoires de m*rde… Je m’en remettrai jamais, je pense que la série aurait été un ton au dessus avec, surtout niveau surf…

La plus grosse galère c’était quoi ?

Y en a tellement eu… Dormir, c’était le pire, nous n’avons pas dormi pendant 3 mois: la chaleur dans les tentes, l’humidité, l’eau qui rentre partout, la peur (croco, shark, les moustiques et les Sandflies etc).

C’est moi qui ai eu la plus grosse galère de santé : J’ai attrapé froid (!?) et chopé une angine blanche qui est partie en cacahuète (ce mot a été remplacé par un autre, ndlr). Une semaine à gober de la pénicilline dans un dispensaire local, à se demander tous les jours si on allait pas finir le trip comme ça.

Une anecdote fun à raconter ?

Il y en a eu beaucoup… Justement, quand j’étais malade, Ewen et Aurel étaient seuls maitres à bord, et après une longue journée de nav’ nous ne sommes pas sûrs de l’endroit où mouiller et passer la nuit. L’eau n’est pas claire et on ne sait pas ce qu’il y a au fond.  Nono met un masque, saute à l’eau… et remonte plus vite qu’il est descendu en criant “shark, shark !”. En fait,  une fois les bulles devant les yeux dissipées, il s’est retrouvé nez a nez avec un requin, à quelques centimètres de lui ! On a bien rigolé quand il a mimé la taille de la bête, encore sous le coup de l’émotion, un petit requin de récif de moins d’1 mètre !

C’est quoi la prochaine destination de Lost in the Swell ? Vous savez quand vous repartez ?

On va essayer de repartir en 2016, on est dessus en ce moment… Le concept sera un peu différent car on ne veut pas refaire la même chose, mais l’équipe sera la même !

Quels sont tes projets pour le futur ?

Lost in the swell 3 bien sûr. Mais je m’associe également avec mon pote Martin Viezzer, pour faire de la production vidéo plus « pointue » (annonce « officielle » bientôt, ndlr). J’ai aussi quelques projets plus perso sous le coude, à suivre…

Et justement pour suivre le travail et les aventures de Ronan, RDV sur son site internet, sa page Facebook et son Twitter. N’oubliez pas, toutes les photos de Ronan, y compris celles de cet article, restent sa propriété. Encore merci Ronan d’avoir pris le temps de me répondre, et continue de nous faire kiffer !

1 Comment

  1. […] en plein milieu de l’océan (vous reconnaissez ?). C’est le breton Ronan Gladu, amateur de voyage surf d’îles en îles, qui se cache derrière les images avec Martin Viezzer et comme d’habitude c’est […]

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