Interview de Kévin et Julien, explorateurs de la culture surf Marocaine

Avant de lire cette interview, je te conseille de mater le magnifique documentaire « à contre courant » de Kévin et Julien. J’en avais déjà parlé sur ce blog ici, et comme promis, ce si beau film mérite qu’on mette en lumière ses deux auteurs.

Pour rappel, les deux boyz sont partis au Maroc grâce à un projet financé sur Ulule. Trois mois à parcourir le pays à la rencontre de ses habitants, qui pour certains, vivent au travers de la culture surf. Je les ai contacté pour en savoir plus sur ce projet et qui se cache derrière ces belles images. Et comme les mecs sont cool, ils ont répondu à mes questions et vous font partager certains de leurs plus belles photos en fin d’article.

surf Maroc
Photo Kevin Vanstaen et Julien Koziol ©

Interview

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Kevin, j’ai 25 ans, j’habite à Paris et je suis assistant réalisateur en fiction. Moi c’est Julien, j’ai 24 ans et je suis auto-entrepreneur à Bordeaux.

Quel est votre relation avec le surf ?

Nous avons commencé le surf en seconde, en 2006. Nous habitions alors en Normandie et nous n’avions pas le permis donc les sessions étaient assez rares mais nous avons tout de suite été passionnés par ce sport et plus largement par la culture qui l’accompagne. S’en est suivi des trips un peu partout en France, en Espagne, au Portugal…

Pouvez-vous présenter votre film « A contre courant » ?

« A contre courant » est un documentaire de 30 minutes sur la découverte du Maroc à travers le surf. Nous sommes partis 3 mois, en totale autonomie dans un camion spécialement aménagé. Nous avons parcouru une grande partie de la côté ouest, de Larache à Tan-Tan à la rencontre de marocains mais aussi d’expatriés pour découvrir leur région, leur quotidien et la place du surf dans leurs vies.

Pourquoi avoir choisi le Maroc ?

Le fait d’avoir choisi le Maroc est un concours de circonstances en fait. En 2013, un ami surfeur devait partir là-bas pour quelques semaines et il nous a proposé de partir avec lui, pour ce qui devait être de simples vacances. C’est pendant la préparation du voyage que l’idée a germé. Nous avons alors décidé de réaliser « A contre courant » et de partir 3 mois en immersion totale. On s’est aussi rendu compte que lorsque l’on évoquait le Maroc comme destination pour le surf, les gens étaient toujours étonnés. On cite souvent Hossegor, Biarritz et Hawaii mais il existe des spots partout dans le monde, c’est aussi une des raisons qui nous a conforté dans notre choix de partir au Maroc.

Qu’est ce que vous avez le plus kiffé dans ce voyage au Maroc ?

Notre meilleur souvenir c’est une session à Safi, il était très tôt, 6h je crois. Les prévisions s’annonçaient bonnes, on était en train de faire chauffer de l’eau pour le thé à la menthe, face au spot. Vers 6h15 une voiture est arrivée, c’était les frères Delpero (Antoine Delpero, champion du monde de longboard). On s’est dépêché pour se mettre à l’eau dans une ambiance mystique mêlant brume, lever du soleil et eau glassy. On a surfé pendant 2h des vagues parfaites en étant 4 sur le spot.

Le moins cool ?

La gestion des déchets est un très gros problème au Maroc, tout au long de notre voyage nous avons pu tristement le remarquer. Lors d’un trajet entre Ouarzazate et Zagora, nous sommes tombés sur un immense champ de sacs plastique. C’était assez déstabilisant et apocalyptique de voir une telle quantité de plastique en pleine nature…

La plus grosse galère ?

Nous avons eu notre lot de petites galères comme par exemple des sorties d’eau un peu chaotiques dans les rochers ou entre les oursins. Nous avons aussi cassé les freins de notre camion en plein col de Tichka. Mais le pire fut de se faire voler notre téléobjectif dans le camion en pleine nuit par le Arsène Lupin marocain alors que l’on dormait dedans !

Quelle est votre plus belle rencontre et pourquoi ?

C’est très difficile de répondre à cette question car on ne peut vraiment pas choisir… Deux personnes nous ont marqués plus particulièrement par leurs modes de vie, radicalement opposés au notre. Il s’agit de Fahd de Rabat et Yassine de Lallafatna. Et si vous voulez savoir pourquoi, nous vous invitons à regarder le documentaire !

Quels sont vos futurs projets ?

Kevin : Je viens de terminer le tournage d’un film sur Roland Garros et j’ai un nouveau projet à la rentrée si tout va bien.

Julien : Je reprends des études d’Océanographie à la rentrée 2016, un gros changement de vie en perspective.

Nous avons ensemble une société de productions : Bang-Bang Productions et nous réalisons des Zapping pour les festivals tels que Papillons de Nuit ou Beauregard donc rendez-vous cet été !

Des remerciements ?

Nous tenons à remercier tout particulièrement nos contributeurs via Ulule.fr qui nous ont permis de réaliser ce documentaire. Mais également Etienne Bosquet, Vincent Morin et Clément Beaufils. Et enfin on voulait vous dire que nous comptons bien repartir très rapidement vers une nouvelle destination et poursuivre la série « A contre courant »…

Je vous invite donc à suivre leurs aventures sur leur page Facebook. En attendant les nouveaux projets, merci à vous les gars d’avoir pris le temps de répondre aux questions et continuez de nous faire kiffer !